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Ce que construit le PEROU

Au PEROU, nous avons coutume de construire à vif : sur les plaies de notre contemporanéité, à l’endroit même de l’inhabitable ; dans la vivacité du faire ensemble, suivant les plans de l’humanité qui malgré tout a lieu. Au PEROU nous transformons les espaces de vie de la dite « grande précarité urbaine » et, ce faisant, visons à faire s’altérer les représentations sur ce qui a lieu. A la force des nouvelles relations que l’acte induit, nous travaillons alors à ce que de nouvelles réponses publiques émergent face à la crise qui s’avère davantage de l’habitat que du logement. Ici comme ailleurs, nous poursuivons l’hypothèse que des réponses constructives sont envisageables là où, aveuglément, on ne conçoit qu’expulsions et destructions.
Les plans du PEROU sont consultables sur www.perou-paris.org






Ce qui fut construit à Ris-Orangis

A Ris-Orangis, de décembre 2012 à avril 2013, nous avons construit avec celles et ceux dont on parle beaucoup, mais que l’on n’entend pas : des familles roumaines réfugiées dans un bidonville en lisière de la Nationale 7. Ici-même, nous avons édifié une Ambassade afin que de nouvelles relations s’élaborent avec la ville alentour, et que de nouvelles représentations en résultent. Dans l’élan, nous avons mis le site hors boue, évacué des dizaines de tonnes de déchets, construit des toilettes sèches, conduit une campagne de dératisation, installé des extincteurs, réalisé du petit mobilier et une place centrale où nous avons inlassablement dansé. Avant que les pelleteuses ne détruisent ces espaces d’une humanité manifeste, nous avons gagné que soient régularisées 38 personnes et que 12 d’entre elles signent un contrat de travail.
Le récit de cette action toujours d’actualité est à lire sur
www.perou-risorangis.blogspot.fr






Ce qui ne cesse de se construire à Grigny

A Grigny, à 500 mètres de la « Place de l’Ambassade », les personnes qui ne furent pas jugées « insérables » par les auteurs d’une « enquête sociale » conduite en quelques heures se sont de nouveau établies dans un bidonville. Fixées dans leur statut de rebut humain, elles sont demeurées soumises aux représentations légales selon lesquelles « ces gens là ont vocation à rentrer en Roumanie ». Etant donné que ces citoyens européens ont vocation à vivre où bon leur semble, et forts de l’expérience hautement positive des 38 personnes aujourd’hui « insérées », nous avons poursuivi le chemin constructif entrepris. Alors, nous avons réalisé des curriculum vitae, autant « d’ambassades de papier » d’abord conçues comme autant d’outils à l’usage des personnes : de format A4, en recto et noir et blanc, afin de pouvoir les réimprimer aisément et les distribuer aussi fréquemment que nécessaire. En outre, ces compositions d’images et de textes s’avèrent de nouvelles formes de médiation visant à rendre audible une parole méprisée. Cette parole est celle de quarante adultes européens vivant à Grigny sous la menace d’une énième expulsion, en l’occurrence exigée par la Mairie au mépris des droits les plus fondamentaux. Cette parole, quarante fois multipliée, raconte combien vif est le désir de ces femmes et de ces hommes de vivre et travailler ici-même, parmi nous. Ce site Internet, forme d’agence pour l’emploi du PEROU, est alors conçu pour colporter cette parole et faciliter les relations de travail auxquelles aspirent nos concitoyens européens ici représentés. Afin que leur éloignement n’ait plus lieu.

Télécharger les 40 CV en format pdf




Concepteurs du projet :

Portraits photographiques : Jean-François Joly
Graphisme des CV et du site : Yannick Fleury
Développement du site : oscar B studio

Récolte de la parole : Ramona Strachinaru, médiatrice formée par le Conseil de l’Europe, assistée de Agathe Chiron, Margot Crayssac, Jean-Pierre Le Hen, Hélène Maurel, Caroline Torelli et Victoria Zorraquin.
Transcription : Sébastien Thiéry

Remerciements : Laurent Malone, Ruedi Baur et Jean Torrent pour leurs conseils ; la paroisse de Ris-Orangis pour la mise à disposition du PEROU d’un bureau ; les riverains du Collectif des Ambassadeurs des Roms pour leur enthousiasme de tous les instants.

Le projet du PEROU en Essonne est soutenu par
la Fondation Abbé Pierre et le PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture).